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Basta à l'injustice insupportable au Sénégal

Posté par: Ciré Aw| Jeudi 16 juin, 2016 12:06  | Consulté 607 fois  |  0 Réactions  |   
La propension à l’injustice et à la violence d’État au Sénégal est telle que les hommes de principes et épris de paix doivent s’inquiéter ou même s’indigner. Il ne se passe plus un jour sans qu’on assiste à des cas de violation flagrante de la loi et de dénis graves des droits des citoyens.

C ‘est comme si notre justice a perdu le nord et semble se diriger vers des eaux troubles qui n’augurent rien de bon. Le problème est que la justice sénégalaise porte des œillères et elle est instrumentalisée par les pouvoirs en place pour des fins de politiques politiciennes. Elle est de ce fait sélective ou partisane. Pour cause, elle libère ou élargie des criminels notoires à l’image de meurtriers, de dealers, de violeurs, de prédateurs des biens publics du seul fait qu’ils ont une influence sociale, financière, politique ou religieuse, elle protège des fauteurs de trouble proches du régime et cela en invoquant souvent des prétextes fallacieux tels que des maladies imaginaires ou exagérées ou en usant de la grâce présidentielle .

Pendant ce temps, des criminels issus du bas peuple voire des innocents croupissent en prison pour des délits mineurs sans espoir de recevoir un jugement équitable pour être fixés sur leurs sorts .Or, le principe d’une justice est d’être neutre et impersonnel comme d’ailleurs  le recommande Dieu : « Mais si tu les juges, alors que ce soit en toute équité… » (Coran 5:42).

On assiste aujourd’hui à une justice des forts dictée par le prestige et l’argent à tel point que la fameuse sentence de Jean De La Fontaine « la loi du plus fort est toujours la meilleure »sonne comme un hymne funeste pour notre pays. La justice véritable comme le dit Platon dans la République est « le caractère des lois et des conduites qui respectent rigoureusement le droit de chacun », c’est aussi « une vertu de l’homme qui s’efforce de penser selon la vérité avec une loyauté parfaite, et d’agir non seulement conformément aux lois et aux droits, mais à une exigence intérieure qui lui rend sensible et clairvoyant à l’égard de chacun et de l’ordre des choses ».

De ce point de vue la justice apparaît comme une exigence morale à agir selon des lois raisonnables pour le bien de la collectivité. Elle est le socle sur lequel repose la vie sociale et l’harmonie de la communauté. Aucune société ne peut prospérer et se développer durablement dans l’injustice ou l’impunité, car celle-ci exacerbe les frustrations, alimente le sentiment de haine et engendre le conflit. Chamfort ne s’est pas trompé sur les dangers de l’injustice pour la paix et l’harmonie sociales quand il affirme dans Maximes et pensées « il y a deux choses auxquelles il faut se faire, sous peine de trouver la vie insupportable : ce sont les injures du temps et les injustices des hommes. »

De tels propos nous poussent à réfléchir sur la situation de l’injustice évidente et alarmante qui ronge le Sénégal au point qu’un Barthelemy Diaz aux mains encore souillées d’un meurtre fut-il commis sous le prétexte de la légitime défense soit blanchi par ses mentors au pouvoir et  qu"il soit élu député du peuple, qu’une Awa N’diaye et même d’autres fossoyeurs des déniés publics épinglés par un rapport d’audit soient absouts de  leurs crimes , car étant sous l’aile protectrice du régime; qu’un Farba N’gom ,qu’un  Moustapha Cissé Lô surnommé « el pistolero » dégainent des armes à feu plus rapidement que Lucky Lucke en public pour se faire justice eux-mêmes de façon arrogante sans que dame justice ne dise un mot ; qu’une liste non paritaire soit imposée à Touba sans que personne ne bronche; que des accords de pêches soient signés sans que les principaux acteurs du secteurs ne soit associés; que les frères, beaux-frères ,oncles du président envahissent le pouvoir par des élections biaisées ou des nominations complaisantes ou subjectives  dictées par la seule volonté de la première dame sans que les démocrates ne soient outrés ; qu’une Aissata Tall Sall gagne légitimement les élections locales mais que son mandat soit confisqué par un pouvoir aux abois et en quête de légitimité par la manipulation ou l’achat de juges corrompus sans que la magistrature ne les dégomme , que des étudiants soient persécutés, torturés et tués(Balla Gaye, Bassirou Faye, Mamadou Diop)pour avoir réclamé leurs droits et des conditions d’études descentes sans qu’une enquête sérieuse ne soit menée et que les véritables coupables ne soient déterminés; que des élèves-maîtres fraudeurs soient sanctionnés à juste raison sans que les caïds du système éducatif maffieux et le ministre de l’éducation nationale ne soient inquiétés; que le Général N’daw et le Commissaire Keita soient bannis ou mis aux arrêts pour avoir dénoncé la racaille en vigueur au plus haut sommet au sein de la police et de la gendarmerie; que Karim Wade soit incarcéré et jugé alors que ses collaborateurs véreux et les barons de l’ancien régime hument l’air de la liberté; que l’ancien président Abdoulaye Wade , son successeur le Président Macky Sall , l’ex premier ministre et maire de Thiés Idrissa seck, l’ancien sécrétaire ministre d’Etat Ousmane Tanor Dieng et alliés soient cités dans des scandales financières à l’image des valises d’argent remis à Alex Segura représentant de la FMI , des 42 milliards des chantiers de Thiès, des 8 milliards des fond taïwanais, des milliards détournés par la vente des licences de pêche et de la Sonatel sans qu’une instance judiciaire ne mène son investigation pour élucider l’utilisation douteuse ou opaque des fonds de la République ou fonds politiques ,et récemment  que le maire  Aliou Sall  frére de l’actuel Président soit cité dans  l’affaire  d’Arcelor-Mittal au parfum d’imbroglio  financier  sans que dame justice ne se saisisse du dossier .Bref, la liste des injustices ou des dossiers nébuleux  devant interpeller la justice est loin d’être exhaustive.

En vérité, les régimes politiques passent, les mêmes pratiques illicites persistent sans aucune forme de procès. Les pouvoirs politiques semblent narguer le peuple et se servent de l’appareil d’État pour imposer leurs forfaitures en utilisant la justice pour des fins partisanes. L’origine de tous ces abus de pouvoir, c’est l’absence d’une justice forte, indépendante et autonome, d’une société civile hardie et autonome et de citoyens engagés et patriotes pour dénoncer les inéquités  . Or ,à défaut de ce que Montesquieu appelle dans l’Esprit des lois des contre-pouvoirs pour arrêter ou limiter les dérives de l’Exécutif et respecter ainsi le principe de la séparation des pouvoirs, de tels excès vont perdurer pour installer la société dans une injustice permanente source de déséquilibre . Le droit doit transcender les pouvoirs en place, s’appliquer en toute rigueur à tous les citoyens quelle que soit leur obédience religieuse, partisane, syndicale, ethnique, familiale et autre. Dans le Saint Coran Dieu nous recommande de rendre la justice de manière impartiale «  Ô vous qui croyez! Observez strictement la justice quand vous témoignez devant Dieu, même si c’est contre vous-mêmes, vos parents ou votre famille proche, ou qu’il s’agisse d’un riche ou d’un pauvre. » (Coran 4:135).Ce verset sacré invite à la neutralité et à l’impartialité de la justice laquelle est le rempart de l’impunité et de l’anarchie républicaine.

Dès lors, commettre l’injustice apparaît non seulement comme une perversion morale mais surtout comme un pêché hautement condamnable. Georges Clemenceau fait écho à l’idée que l’injustice est un danger permanent à la stabilité sociale quand il déclare dans Contre l’injustice « Tout vaut mieux que la honte du mensonge posé comme pierre d’assise de l’ordre social. Tout vaut mieux que la lâcheté suprême de l’injustice consciente ».Autant dire que la justice est tellement essentielle dans une société surtout démocratique qu’il serait grave de l’utiliser  pour des fins de politiques politiciennes, comme arme pour soumettre ses opposants  ou pour conserver le pouvoir à tout prix, car si on impose l’injustice comme mode de gouvernance on finira par être emporté par le vent de la colère sociale comme l’énonce le fameux adage « celui qui règne par l’épée périra par l’épée .»

 L'auteur  Ciré Aw
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Ciré Aw
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